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  • Photo du rédacteurJane

Quand vélo rime avec rodéo!

Dans la vie, il y a beaucoup de hauts, mais il y a aussi des bas. Quand on a un enfant différent, c’est un doux mélange de plusieurs bas et de hauts. Je dirais même qu’il y a souvent des bas, mais quand les hauts arrivent, ils sont magiques comme le premier but de soccer ou bien l’examen de karaté.


Toutefois, il arrive que les hauts tardent à arriver. C’est dans ces moments que l’impuissance peut nous frapper fort face aux difficultés de notre enfant.


L’été dernier, nous avons essayé le vélo à quatre roues pour mon fils de 4 ans. Il a toujours refusé le vélo d’équilibre et le tricycle. Malgré tout, on s’est lancé dans le 4 roues. Il faut bien commencer quelque part!


Je ne m’attendais pas à la bataille du siècle. J’appréhendais quelques embûches, mais rien comme le tsunami de défis que le vélo nous a mis en pleine face!


Dès qu’il s’est assis sur la selle, il s’est mis à paniquer. Tellement, qu’il en est tombé. Mais qui tombe de son vélo à 4 roues? Visiblement, mon fils, et ça n’a pas été la seule fois.


Cette journée-là, j’étais avec ma mère. J’essayais d’expliquer à mon garçon qu’il devait pousser avec ses pieds sur les pédales pour faire avancer le vélo. Il ne comprenait pas. À ce moment, nous ne connaissions pas sa dyspraxie. Sur un élan d’improvisation, après lui avoir mimé le mouvement, nous avons décidé de le lui montrer physiquement. Ma mère a mis sa main sur son pied gauche et moi sur son pied droit. Nous l’avons fait avancer en faisant tourner ses pieds en alternance. Nous avons dû faire plusieurs tours du croissant de cette manière avant qu’il saisisse le mouvement qui était attendu de lui. Nous avions l’air de deux folles accroupies en attente d’un tour de rein! Puisque c’est mon aîné, je n’arrivais pas à croire que tous les enfants passent par


cette difficulté pour apprendre à pédaler et que j’allais me retaper la même chose l’année suivante avec mon plus jeune. Finalement, je sais aujourd’hui que cette difficulté vient avec la dyspraxie et n’est pas commune à tous les enfants. Ouf!!



En tant que bonne maman un peu naïve, je pensais ensuite qu’il allait débloquer. Mais non! Il était tellement occupé à regarder ses pieds pour s’assurer de faire le bon mouvement qu’il avait oublié qu’il avait un guidon à manier et un chemin à regarder. Donc, il a foncé dans le trottoir assez vite pour finir au sol avec le vélo sur lui.


J’étais épuisée et clairement, il l’était encore plus que moi. Nous avons mis le projet sur pause pour plusieurs jours.


La fois suivante, j’ai dû lui montrer une fois de plus le mouvement du pédalier. Il ne levait toujours pas la tête et il était anxieux sur son vélo. Il avançait à une vitesse de tortue. Faire le tour du petit croissant pouvait prendre 15 minutes avec plusieurs pauses. Laissez-moi vous dire que ça venait me chercher dans toute ma personne. Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi c’était si difficile à assimiler.



Donc, afin qu’il saisisse qu’il doit lever la tête en pédalant, j’ai pris le milieu du guidon avec une main. Je passais mon temps à lui rappeler de lever la tête et je le guidais en tirant le vélo. Quand il cessait de regarder en avant, je faisais tourner volontairement le vélo en direction du trottoir. Coordonner le pédalier et la direction était tout un défi.


Pour aider à lui faire comprendre le mouvement que doivent prendre ses pieds, nous avons acheté une girafe. C’est une rallonge que l’on connecte à notre vélo. Ainsi, ça lui permet de diviser le travail. Il peut s’habituer à regarder en avant et diriger son guidon, il peut travailler sur son mouvement de pieds ou il peut tenter de coordonner les deux ensembles. Dans tous les cas, le vélo avance quand même, car c’est l’adulte qui dirige. Ça nous a permis de faire quelques randonnées plus agréables et plus longues. C’était notre petite victoire!



Le défi n’a pas été surmonté l’été dernier. Nous avons fait un petit pas. Mon fils a travaillé fort. Il est certain que je ne l’ai pas toujours accompagné de la bonne façon. Cet été, l’approche sera différente. Il aura vieilli d’un an et le travail de l’été dernier n’a pas été fait en vain. Le haut viendra. J'ai bon espoir qu’il saura tirer son épingle du jeu et qu’un jour nous ferons de belles randonnées chacun sur son vélo. À travers tous ses défis, reste qu’il travaille sur sa persévérance et sur sa résilience. Ce sont de belles cartes qu’il ajoute dans son jeu!


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